Les Séductions de l'Existence

Added 26/10/2007


« Le malheur n’existe pas, mais on ne saurais être heureux sans lui » Jerry LEWIS

Lesséductions de l’existence, on ne saurais les définir vraiment, ellesdépendent de la personne, de ses goûts, de toutes ses motivations etc.
Onpourrait dire qu’il est vrai que s’il n’y a pas de malheur il n’yaurait pas de bonheur non plus car l’on n’aurai pas de point decomparaison, tout ne serait qu’une simple routine d’une très ennuyeusemonotonie.

« Des goûts et des couleurs on ne discute pas » dit ledicton. On ne peut donc pas dire que telle ou telle chose constitue unedes séductions de l’existence pour tout le monde. Peut-être l’est-ellepour certaines personnes mais sûrement pas pour d’autres.
Le plupartdes hommes diront, par exemple, que la femme est l’une des plus grandesséductions pour tout le sexe masculin, ce qui n’est pas vrai puisqueles misogynes et les homosexuels existent et diront tout à fait lecontraire.

Ceci dit, une question, aujourd’hui, retrouve toute son actualité : La vie vaut-elle la peine d’être vécue ?
Quatre écrivains donnent ici l’ébauche d’une réponse, chacun selon son optique, ses inclinations et ses rêves.
En voici donc un plus ou moins bref résumé :


1) Le premier est François BOTT qui nous présente son œuvre sous forme d’unelettre adressée à un ami malade et lui explique, à travers celle-ci, cequi séduit chacun d’eux dans la vie, ou ce qui séduit le français moyenen général.

D’abord, tout ce qui se rapporte aux plaisirs charnels età la volupté de la boisson, cette dernière d’ailleurs, est symboliséepar la Veuve Clicquot qui donne l’image d’une femme inconsolable.
Lefrançais est pessimiste de nature, mais tout ce qui le rend pessimiste,contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’encourage plus à vivre qu’àmourir.

Mais pour F. BOTT comme pour MONTESQUIEU, la littérature estplacée au rang des séductions de l'existence. Selon eux, elle ranime etstimule la passion de l’inconnu. F.BOTT trouve aussi son plaisir dansl’écriture pendant de longues matinées. Il a horreur d’être dérangé àces moments par une visite ou par un téléphone qu’il qualifie d’ennemi.La littérature, dit-il, réveille sa passion de découvrir, et l’une desvoluptés de a vie est justement de ressentir cette convoitise.

Onconfond souvent séduction de l’existence et consolation car il est vraique tout ce qui est contradictoire constitue un des plaisirs de la vie: Sans inquiétude il n’y aurait pas de plaisir.

Il termine sa lettreen disant à son ami qu’il espère que son sentiment de la vies’améliorera quand ses ennuis de santé se seront dissipés. Ce qui veutdire que pour l’instant il e ressent pas de joie de vivre tant qu’ilest malade mais sa guérison le rendra sûrement plus heureux et celaaussi constituera une des séductions de son existence :
Après la pluie le beau temps.

2) Le second écrivain est Dominique-Antoine GRISONI.
Celui-cinous fait remarquer que son enfance ne fut pas très heureuse parrapport à celle d beaucoup d’autres, qu’il envie à les entendre parlerde la leur.
Lui ressent un plaisir à faire tout ce qui lui estinterdit : par exemple avoir un couteau à cran d’arrêt dans la pochemalgré son angoisse d’être découvert. C’est surtout cela qui l’exciteet lui procure du plaisir.
Donc pour D.GRISONI, la vie ne vaut lapeine d’être vécue que si l’on se donne la peine d’en chercher et d’enrenouveler sans cesse les multiples… séductions.

Il considère cesdernières comme « un sujet plutôt intime. On ne peut les ressentir quepar soi-même, elles nous sont propres ». On reprend là l’idée del’introduction, celle qu’on ne peut affirmer que telle chose procure duplaisir à tout le monde.

ROUSSEAU dira que : « Sous la tyrannie, levice », c.à.d. que si l’on pousse trop les gens à faire quelque chosed’un façon tyrannique, ceux-ci en font le contraire : au lieu dutravail, la fainéantise, au lieu de la loyauté, le mensonge etc. etl’on trouve du plaisir à le faire et à se souvenir de cette faute.C’est l’esprit de contradiction qui évolue dans ces situations là.

Ildonne ensuite une définition étymologique du mot séduire, il nous ditqu’il vient de Sedduco qui veut dire « emmener à part, à l’écart,séparer… » et non de Sui-duco qui veut dire « tirer à soi » avec unenuance d’attirance et de fascination.

Finalement, les séductions del’existence viennent de tous les maux, malheurs, souffrances etc.…D.GRISONI fait intervenir NIETSCHE qui s’était interrogé sur les causesqui ont fait des occidentaux des « nihilistes » passifs.
Enremontant à l’origine, il a découvert ce que l’on sait déjà, que lestrois éléments les plus grands et les plus anciens qui constituent lesjoies de l’Homme sont : l’instinct sexuel, l’ivresse et la cruauté.

Ilen ramène la cause à SOCRATE qui avait balayé le passé en introduisantle doute et en affirmant que l’on ne peut atteindre la vérité : « Lavérité ne peut être unique, éternelle et universelle ». C’est cetteconfirmation ainsi que la théorie des deux mondes : le sensible etl’intelligible, qui sont donc, pour NIETSCHE, à l’origine du malSocratique.

Tout revient donc au mal.
Ce mal qu’il définit commeétant une valeur qui nous vient de la religion et qui est souventintégré dans l’image du Diable. C’est aussi le dépassement de la loi,la transgression de règles : Le Démon.
D.GRISONI revient à sonenfance pour nous raconter comment il a pu, pendant ses confessions,mentir une 1ère fois pour attirer l’attention du prêtre qui somnolait àl’écoute de ses banalités, et comment, en devenant plus mûr, lesauteurs comme SADE et DOSTOIEVSKI lui ont enseigné que « …la vie neméritait d’être vécue qu’à condition de ne rien espérer d’elle, hormisce qu’elle apportait naturellement, c.à.d. sont lot quotidien de petitsmalheurs. « Donc, … jouir sans retenue des occasions offertes… ».

SADElui encra aussi l’idée que le vrai bonheur dans le mal consisterait àtravailler le face à face avec soi-même. DOSTOIEVSKI appuiera cetteidée par le personnage d’Ivan Karamazov qui contient toutes les imagescontradictoires du désespoir métaphysique et qui finit par sombrer dansla folie : « Je sais seulement que la souffrance existe, qu’il n’y apas de coupable, que tout s’enchaîne et que tout passe et s’équilibre ».

D.GRISONIclôture son œuvre en se demandant si tout le reste, c.à.d. tous lesbeaux sites, paysages, l’alchimie, les rites amoureux,…, les plaisirsde l’écriture, ceux de la lecture et même l’ennui, ne constituent-ilspas aussi la VIE.


3) Vient en troisième lieu Roland JACCARD quidéclare, lui, avoir approché toutes les séductions mais elles se sontdérobées à son approche. Il en conclut qu’elles n’existent que dansnotre imagination. Puis il se demande comment l’on peut être heureuxalors que personne ne l’est.
Il nous raconte alors qu’il avaitrencontré un jeune homme en chine, qui faisait partie d’une « société »dans l’espoir d’arrêter le massacre de l’humanité et son malheur.
Pour y accéder il faut d’abord refuser de procréer, ensuite avoir le courage de se donner la mort et bien la maîtriser.

Lamort peut frapper aussi brutalement par une douce soirée chaude que parun temps orageux et glacial, et une fois l’heure venue, l’on sedemandera comment l’on a pu vivre si éloignés des autres : NIETSCHEdisait « Jadis, nous cherchions un Roi, un Père, un Juge pour tous,parce que nous manquions de rois, de pères, de juges véritables. Plustard, c’est un AMI que nous chercherons. Les Hommes seront devenus dessplendeurs et des systèmes solaires autonomes, mais ils seront seuls.L’instinct mythologique sera alors en quête d’un AMI. »

Nous sommes donc bien loin des séductions de l’existence. Une amitié ou un amour peut en constituer une.
MAUPASSANTa bien vu le besoin qui jette l’Homme vers autrui alors qu’il etconscient du fait que tous ses efforts pour briser sa solituderesteront vains.
NIETSCHE ajoute en ce sens, en se confint à sa sœur: « Aujourd’hui encore, après une heure d’entretien sympathique avecdes êtres qui me sont absolument étrangers, toute ma philosophiechancelle, il me semble tellement absurde de s’obstiner à avoir raisonau prix de l’amour.. »

Enfin, le sadisme, R.JACCARD se demande si legrand plaisir des hommes ne serait pas de se torturer mutuellementpuisqu’on pique les chiens souffrants alors qu’on ‘aide pas l’êtrehumain agonisant à en finir avec ses malheureux jours. Puis FREUDd’ajouter : « A quoi bon vivre quand on peut être enterré pour dixdollars ».

Pour terminer son œuvre, R.JACCARD nous ramène vers sonadolescence pour nous rapporter ce que lui avait dit une personne qu’ilconnaissait à peine : « Ce ont les individus férocement égoïstes,incapable de s’intéresser à quiconque hormis eux-même, qui rencontrentles plus grandes difficultés dans la vie et qui de surcroît, font leplus de mal ».
C’es pourquoi elle lui a recommandé de faire chaquejour une bonne action, et une bonne action « c’est celle qui faitapparaître un sourire sur le visage d’autrui ».
Ceci pourra alors constituer pour lui une séduction de son existence car le sourire d’un malheureux réchauffe le cœur.

4) Endernier lieu intervient Yves SIMON qui lui a écrit son œuvre sous laforme d’une histoire : celle de la rencontre d’un cinéaste allemand(Parker), de sa secrétaire (Elsa) et de deux jeunes acteurs (Laura etPierre), qu’il va faire tourner dans son film intitulé : La dernièrepassion.
Parker leur demande ce qui les séduisait dans la vie.
D’abord,aucune réponse, puis Laura : « La beauté, l’inattendu, l’intelligence…,cette rencontre… » en hésitant un peu, et Pierre de rétorquer « … lafemme, le voyage spatial, l’avion… Ne penser à rien la nuit et regarderle ciel en sachant que quelqu’un, quelque part, m’attend. »

Parker ajoute alors que l’imprévisible est le maître mot de la séduction.
Ilévoque GODARD qui a dit un jour ceci : « La souffrance c’est la plusultime connaissance que l’on a de soi-même, au-delà de l’identité. »

Parkerajoute en ce sens : « … C’est la souffrance qui nous détache du monde,nous isole de tout pour que sans miroir ni artifice, nous puissionsparvenir à « voir » qui nous sommes . »
Un peu plu loin, Pierre diraque perdre sa compagne Laura serai son plus grand chagrin. Et Parker dedire qu’ « on ne connaît l’intensité d’une séduction – tout ce qui nousattachait à elle- que lorsqu’elle a disparue… Le malheur survientlorsque se produit l’événement qui anéantit ce à quoi on tenait leplus. »

Il apprend deux jours plus tard que son fil ne pourra êtrefinancé. On producteur lui dit alors : « … Il est des moments où ilfaut savoir s’arrêter et ne pas insister ».

Parker avait conservé leparfum qu’avait mis Elsa lors de leur première rencontre à Berlin, ille lui montra en lui disant ceci : « Nous les hommes sommes descollectionneurs d’objets, d’odeurs, de corps, de parties de corps, etce parfum ne représente pas mon amour pour vous, seulement l’amour d’uninstant : celui de cette rencontre ».


Conclusion :

Je finirais ce résumé par une anecdote qui pourrait être un résumé des séductions de l’existence :
«Un homme qui était en enfer et sur le point d’être réincarné dit au roide la réincarnation : « si vous voulez me renvoyer sur la terre commeêtre humain, ce ne sera qu’à certaines conditions.
- Et quellessont-elles ? » demande le roi. L’homme répliqua : «Je serai le filsd’un ministre, et le père d’un futur lauréat. J’aurai dix mille acres deterre autour de la maison, des étangs de poissons, des fruits de toutessortes, une femme magnifique et de belles concubines, toutes gentilleset amoureuses de moi, des pièces remplies jusqu’au plafond d’or et deperles, des greniers pleins de grains, des coffres bourrés d’argent, jeserai moi-même un grand conseiller ou un duc comblé d’honneurs et deprospérité, et je vivrai jusqu’à cent ans. »
Le roi de laréincarnation répliqua : « S’il y a tant de bonnes choses sur la terre,je vais y aller et me réincarner moi-même à votre place. ».


Merci d'avoir été jusqu'au bout et j'espère que ça vous a autant plut qu'à moi.
A bientôt pour d'autres reflexions 

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Un souffle d'ailleurs

Added 25/10/2007


Un cœur gros prêt à éclater
Une larme, une douleur
Un cœur fragile s’est cassé
Une goutte de sang, un malheur

Un pied s’approche, ravageur
S’apprête à écraser
Un morceau sans valeur
Un cœur assassiné

Une rivière de sang d’une écarlate rougeur
Emporte les restes d’une humanité
Des os flétris d’horreur
Un cœur meurtri, désespéré

Les emporte vers une autre contrée
Calme, de belles couleurs
Le cœur y sera moins abandonné
L’âme y couvrira son bonheur

Un cri de désespoir étouffé
Dans un monde broyeur
Un signe d’espoir est passé
Annonçant une ère meilleure

Une lueur d’espoir s’est dressée
Dans ce paysage de terreurs
Une fleur timide est enfin née
Ce matin, de bonheur.


Loubna Zahidi

(Février 1993)

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The Best Jump EVER !!!!!! Beni Mellal

Added 4/4/2007

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