Merzouga - Vivre hors du temps

29/8/2006

La route du village de Tineghir (gorges de Toudgha) à Erfoud est faite pour une voiture à la fois. Dès que j’en croise une autre, l’un des 2 doit céder le passage. Quand c’est un gros camion ou un car, je leur cède volontiers en me calant sur le bord de la route.
Après 2h et quelques de volant, j’atterris dans la petit ville d’Erfoud et mon guide émerge enfin d’un profond sommeil en réclamant une pharmacie pour des aspirines.
On en trouve une et je lui cède le volant, après quoi j’appelle l’agence de location pour l’avertir que je prolongeais ma location d’une journée. Voilà qui est fait, et mon guide entame une piste à la sortie de de la ville pour s’engager dans une immensité vaste et vide, que des pierres et du sable à l’horizon.

Quelques touristes sont là, à l’arrêt, ne sachant pas trop par quel bout commencer. Mon guide leur explique que « toutes les routes mènent à Merzouga!! », et les voilà partis non sans quelque appréhension.

Mon guide me montre ses performances de chauffeur spécialiste du désert et le voilà qui embourbe la bagnole dans le sable, je m’y attendais alors on pousse et on déblaie le sables devant les roues avec nos mains (faute de mieux). Un touareg, surgit de je ne sais où, vint prêter main forte et nous voilà sortis du trou.

Apparemment certains touaregs mettent des pièges, sable camouflé sous quelque pierres, on pense rouler sur du gravier dur alors qu’on s’embourbe dans du sable, et là ils arrivent pour aider et demandent compensation, faut donc s’en méfier et être prêt à s'en sotir par soit même.

Après quelques Kilomètres (y en a une trentaine quand on ne tourne pas en rond), apparaissent au loin 3 grandes montagnes formant une chaîne et faisant rempart. Plus on s’approche plus on constate que ce sont des « montagnes » de sable, l’erg du nom de Chabbi. A son flan, on voit pointer quelques auberges ça et là: toutes affichaient complet sauf la dernière qui se trouvait tout au bout, d’où un groupe de touristes s’apprêtait à prendre la route à dos de chameaux pour une oasis non loin de là, pour le coucher du soleil (apparemment magnifique) et camper sur place pour la nuit.
D'autres faisaient le plein de vivres avant de continuer en voiture plus loin, leurs cibles: le faisan et la gazelle. Ce sont des chasseurs qui font ça par goût du sport. Chacun ses goûts!!

Voilà, je pris ma chambre et m’empressais d’entamer l’escalade vers le sommet d’une des 3 dunes de l’erg, celle complètement à gauche du paysage féerique. Ça m’a pris 45 minutes pour y arriver, malheureusement, il y avait quelques nuages qui ont un peu cassé le charme du coucher du soleil tant convoité par un tas de touristes qui se sont retrouvés sur les sommets ou dans les dunes un peu déçus.

Quelques touaregs (pour qui l’ascension est un jeu d’enfant) nous en rejoint en quelques minutes pour nous proposer des pierres fossilisées (la région étant connue pour ses minerais). Voyant que personne n’est intéressé ou très peu, en voilà un qui sort son portable pour appeler je ne sais qui.
Comble de tout, j’avais laissé le mien à l’auberge vue qu’il n’y a pas de réseau dans le coin alors que je voulais appeler mes parents. Zut, il y a le réseau tout en haut des dunes. Quelques touristes sont assi étonnés que moi et regrettent leur petit portable, lien unique en ce lieu féérique avec leurs amis et famille. Mais on ne peut pas partager ce paysage au téléphone faut être logique, il vous en met plein les yeux alors faut le leur montrer et pas leur raconter.

Mais je ne regrette rien, l’immensité qui s’étends derrière l’erg est toute de dunes faite. Aucune végétation sinon quelques palmiers que l’on voit pointer au loin entre les dunes.
Ce que j’ai apprécié le plus a été le CALME TOTAL. On ne sentait que le souffle léger du vent qui transporte quelques particules de sable en le faisant bouger, rouler et se retourner sur les dunes, un coup couleur rougeâtre et l’instant d’après devient gris. Du haut des 150 mètres de l ‘erg, on n’entend même pas le bruit des 4x4 qui circulent quelques mètres plus bas.

On se croirait en dehors du temps, tout est comme à l'arrêt!

Le soleil s’étant coucher, faut pas s’attarder si on veut redescendre car on n’y voit plus rien. Je me repérais grâce à la lumière de l’auberge. Un bon tagine préparé par les jeunes de l’auberge fut le bien venu. Je retrouvais ma chambre avec plaisir et extinction des feux.

La descente des dunes est tout de même plus facile que l’ascension, technique talon d’abord, la plante ensuite sinon on risque la foulure ou une dégringolade spectaculaire.

Un autre moyen est de chausser des skis pour les amateurs de sports de glisse, mais à éviter les saisons chaudes. Le meilleur moment pour ça est quand il vient de pleuvoir (car ça arrive même dans le désert), le sable est plus tassé et permet une bonne glissade. Par contre quand le sable est sec, les particules sont trop fluide et du coup on s’enlise facilement. C’est ce qui m’a dissuadé d’en faire malgré qu’ils étaient disponibles à l’auberge, on me l’a déconseillé.

Réveil à 5h30 pour ne pas rater le lever de soleil, j’arrivais au milieu de la dune quand le soleil pointa à l’horizon alors je m’arrêtais pour l’admirer tout en splendeur dans un ciel sans nuage et dans la brise fraîche du matin. 2 chameaux côte à côte assis tranquillement sur une dune l’admirait aussi mais du coin de l’œil (ils ont l’habitude du spectacle). En passant à côté d’un trou dans le sable, je remarquais une queue qui s’y engouffrait en vitesse. Un gros lézard qui attend la chaleur du soleil pour sortir de sa trappe. J’ai beau l’attendre en vain, il faisait encore trop froid pour lui.

Une fois levé, le soleil monte très vite dans le ciel, alors je rejoins le camp de nouveau mais cette fois pour prendre la route du retour.
Mn voyage dura moins d’une semaine dans le grand sud est du Maroc mais il a été super long du point de vue de a richesse des sites que j’ai visité et de l’expérience que j’y ai vécu.

J’espère vous avoir donné le goût du voyage. En tout cas j’y retournerai pour skier sur les belles dunes de 150mètres et cette fois sera la bonne.

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