Essaouira - Art & Windsurf

29/8/2006

Et re belote, me voici me voilà pour vous conter ma petite ville de cœur, celle de mes vacances: Essaouira ou "la belle image".

Région

Cette petite ville côtière se trouve sur l’Atlantique à quelques 175Km de Marrakech entre Safi (au Nord) et Agadir (au Sud) qui sont les 2 villes côtières qui l’avoisinent. Elle est située sur une presqu’île, elle est très entrée dans la mer d’où sa fraîcheur toute l’année ainsi qu’un vent énervant qui n’arrête pas de souffler, eh oui même quand il fait 50°C à Marrakech, ben le thermomètre ne dépasse jamais 22°C (atteint rarement 25°C). En hiver, elle descend rarement en dessous de 15°C. C’est la ville Marocaine tempérée par excellence.

Cette ville est située dans la région appelée Haha (prononcer les « h ») habitée par les berbères et dans la région Chiadma habitée par les arabes. Ces régions sont connues pour la production en grosse quantités d’arganier et de thuya. Ces arbres sont la fierté de la région, et la ville vie grâce au commerce de l’huile d’Argan très connue pour ses vertus diététiques et dermatologiques ainsi que du bois de thuya qui est façonné par des maîtres artisans pour en sortir de superbes objets.

La route menant à Agadir est une route côtière, on voit la mer tout le long du trajet qui serpente dans une montagne assez sinueuse mais la route est bonne (on rejoint la ville en 2h). La route passe par de sympathiques villages et campings sauvages ou gardés (sur les plages). Un des villages les plus connus se trouve à 20km : « Sidi Kaouki ». Il est connu pour une seule raison : un vent terrible. Quand on se trouve sur la plage, c’est simple on ne voit rien à quelques mètres vue les tourbillons de sable qui s’élèvent haut dans le ciel. On a intérêt à porter de bonnes lunettes de ski ou de plongée hermétiques. L’endroit privilégié des grands surfeurs friands de sensations fortes et de grosses vagues. A ma connaissance la plage n’est pas gardée donc prudence prudence ! ! !

Des petits hôtels et auberges fleurissent dans le coin (une tente faut pas trop rêver, vous n’aurez même pas le temps de planter un piquet que vous vous êtes déjà envolé avec).
Ceci dit, il y a du vent la majorité du temps mais il y a des périodes d’accalmie où le vent tombe ou est moins fort que d’habitude.

Les bus emmènent jusque là ainsi que les grands taxis, donc pas de problème de transport ni d’hébergement.

Autre petit coin sympa mais cette fois en prenant la route d’Essaouira à Marrakech, un petit village à 20km « Ounara » abrite un petit hôtel du même nom avec Restaurant/piscine/chambres et bungalows conviviale. Ce village et son hôtel sont convoités par les personnes qui en ont marre du vent et du froid d’Essaouira, et qui sont en quête d’un repos total ou de méditation ou encore qui n’ont pas trouvé de logement à Essaouira (à éviter en été car trop d’estivants). Là on retrouve la chaleur Marrakchi et pas de vent du tout. Par contre les soirées sont tièdes à fraîches.

Ville

La ville ou Médina est entourée par des remparts comme pour toutes les anciennes villes du Maroc. Les remparts étant chargés de protéger la ville d’éventuelles invasions ennemies d’autant que c’est une ville côtière et donc dispose d’un port de pêche et commercial convoité par les truands et brigands de tout genre durant des siècles.
Elle fut d’ailleurs sous l’emprise du Portugal qui l’ont baptisée Mogador et l’ont utilisée pour les trafics d’armes et d’esclaves venant d’Afrique noire et de différentes régions du sud marocain.

La ville est toute de petites ruelles faite qui se croisent et s’entrecroisent et presque toutes sont piétonnes. A l’entrée des premiers rempart 2 lions sculptés gardent la grande porte (Appelée aussi « la Porte du Lion » qui aussi le titre d’un livre superbe vendu dans la galerie d’art « Fréderic Damgaard » désolée pour l’orthographe c’est un nordique, le bouquin conte une bonne partie de l’Histoire de cette petite ville très joliment romancée).

En entrant donc par cette porte, à votre droite se trouve déjà une galerie de peinture imbriquée dans les remparts, ensuite une suite de petites galeries de peinture et sculptures longent la ruelle sur la gauche. Juste en face, se trouve un autre rempart (moins épais que le premier), à sa porte se trouve un clocher avec une horloge haute dans le ciel (avec un bureau de tabac à son pied, tout rikiki, mais il dépanne).

A la droite 3 autres porte côte à côte vous emmènent dans les souks, première étape les boutiques de vêtements, bijouteries, magasins de meubles, ustensiles et autres décor de maison (moyenne gamme), suivent ensuite 3 autres portes qui mènent dans une suite de magasin de fruits et légumes, boucheries, poissonneries etc, un autre mur avec 3 portes donne sur une suite de boutiques de tout genre et enfin …. 3 autres portes, eh oui quand il n’y en a plus il y en a encore, mais ouf, c’est les derniers qui clôturent les grands remparts.

Revenons à l’horloge et enjambons la porte qui se trouve à son pied, là ce sont les bazars, les cafés, les pâtisseries et des ruelles qui s’imbriquent les unes dans les autres, enfin la grande place de la mosquée pleine de cafés et où se trouve la meilleure pâtisserie du coin, celle de Driss (et de son père avant lui), hmmmm un délice (moi j’y prends toujours mon petit déjeuner : un jus d’orange nature, un vrai pas une truc de boite, 2 viennoiseries toutes chaudes sortant du four, et un bon thé noir au citron. Mais il a de tout chez ce bonhomme et le cadre est agréable).

La petite place débouche sur une immense place, sur la droite une ruelle qui mènent vers la Skala, en la longeant tout plein de petits ateliers des artistes du bois (thuya), des artistes exceptionnels. C’est simple à chacun de mes voyages (donc tous les ans) je découvre une nouveauté dans le façonnage et la sculpture du bois. C’est sidérant.
A la fin de cette rue, une pente monte sur les remparts (la Skala) et là on peu se balader (enfin si on arrive avec le vent qui souffle pas mal en haut) et on découvre la mer d ‘un côté, le port d’un autre côté et enfin la ville derrière.
Les canons qui s’y trouvent encore témoignent de ce qu’à pu vivre cette petite ville.

Une particularité de cette ville est qu’il y a juste devant son immense plage de quelques kilomètres une grande île (l’île aux oiseaux) et juste derrière le port, visible de la Skala une toute petite île.
L’histoire dit que la grande île abritait la prison des hommes, on voit d’ailleurs des bâtiments encore dressés dessus dont le minaret d’une mosquée. La petite île (plus proche que la première) fut la prison des femmes.
Et oui pas de risque d’évasion. Aujourd’hui la petit île est déserte et la grande est une réserve naturelle d’oiseaux exotiques et rares, un gardien s’en occupe et il est interdit de la visiter à moins d’avoir un accord écrit du gouverneur (sur demande et pas toujours octroyé). Je n’ai jamais eu l’occasion de la visiter mais j’aimerai le pouvoir un jour.

Le port est aujourd’hui un port de pêche connu pour la sardine qui est vendue toute fraîche sur le quai où pas loin des petits brasiers sont déjà prêts à vous les griller sur place et vous les dégustez assis à une table commune sous un parasol au milieu des grosses mouettes qui réclament un morceau. D’autres poisson y sont proposés bien sûr, sols, crevettes, calamars, rougets etc. Des salades de tomates et oignons, des boissons gazeuses maintenues fraîches dans des seaux de glace et du pain rond accompagnent ce succulent repas. Les mouches ne sont pas en reste héhéhé.

Mon restau préféré est le Chalet de la plage, situé en bord de mer à l’entrée des remparts et dont la terrasse donne directement sur la plage (en marée basse) et sur l’eau (en marrée haute). Mais plein d’autres restaus pour toutes les bourses sont éparpillés dans la ville et sur le port. Faut faire gaffe le soir car tout le mone ferme vers 21h au plus tard (à part quelques rares sandwicheries ou gargottes mais faut connaître) et donc faut pas oublier le dîner.

Côté hôtel, pas de crainte, y en a aussi pour toutes les bourses mais faut réserver car beaucoup de monde vise cette ville depuis la création du festival de la musique (j’y reviens). L’hôtel des îles est mon préféré avec des bungalows en bord de piscine et donne sur la plage (suffit de traverser un boulevard et on y est). Il est juste à l’entrée des rempart et en face du restau le Chalet de la Plage. Mais un autre plus conviviale se trouve avant les 3 portes des souks face à l’horloge, l’hôtel Sahara, beaucoup moins cher (sans piscine ni bungalow bien sûr, juste des chambres et un patio). Les auberges et les maisons ou pièces à louer est un commerce florissant dans le coin surtout en été. Faut bien sûr bien négocier et être en groupe de préférence pour rentabiliser la location d’une maison ou d’un appart.

L’Art

J’en ai parlé plus haut, cette ville abrite beaucoup d’artistes : des peintres, des sculpteurs sur bois, des sculpteurs sur pierre, sans oublier les poètes, les écrivains et les acteurs de théâtre (le plus grand d’entre eux et très connu au Maroc, le plus grand selon moi est Mr Tayeb Sadiki. Un homme de théâtre exceptionnel, bilingue, dont certaines pièces sont écrites et vendues sur le marché : Dîner de gala en est une).

Comme cette ville est connue pour ces artistes, en particulier les peintres, tout le monde maintenant s’improvise artiste peintre même quand ils n’ont aucun talent et ça c’est écœurant. C’est le seul point négatif que je trouve à cette ville. Leurs peintures ornent les murs de galeries prestigieuses et y restent bien longtemps parce que ça ne plaît pas beaucoup. A mon avis faut être sonné ou aussi inculte pour aimer ces genres criards mais bon encore une histoire de goût (et un gagne pain).

Une nouvelle forme d’art qui sévit entre autre aujourd’hui (et depuis quelques décennies déjà) est le Windsurf ou la planche à voile dans tous ses états. Vue le vent qui n’arrête pas, les surfeurs de toutes les régions du monde affluent sur la ville en toute époque pour profiter des vagues et du « beau » vent. C’est drôle, nous ça nous embête le vent parce que le sable nous fouette les chevilles quand on marche, on le reçoit dans la bouche, les oreilles et les yeux quand on s’assoit alors on est super content quand il arrive que le vent tombe. Et on s’amuse à regarder les surfeurs si tristes parce qu’ils ne peuvent pas pratiquer leur sport favori, mais alors ça fait la joie des débutants (parce que vous pouvez me croire, quand on débute et que souffle le vent alors souffle la galère, aucune chance de sortir la voile de l’eau, ni de tenir sur la planche plus de 10 secondes, j’en sais quelque chose).

D’autre part, les écoles et les loueurs de planches fleurissent sur la plage, on y trouve de tout. Ils organisent des tournois locaux et internationaux avec des vedettes mondiales (ne me demandez pas de nom pitié).

La Zik n’est pas en reste dans ce monde artistique, la ville est connue pour ses Gnaoua (descendants des guinéens), musique de tam-tam, tambourins, castagnettes, gambri (sorte de guitare artisanale). D’ailleurs la ville abrite au mois de Juin de chaque année une 4 ou 5 jours le festival des Gnaouas où se retrouvent les maîtres en la matière en provenance des villes du royaume mais aussi de pays africains et des vedettes de Jazz mondial.
Le mélange donne une fête splendide qui se passe jour et nuit sur la grande place et dans les ruelles.
Le festival étant gratuit, les soit disant « connaisseurs » rappliquent de partout pour y assister. Occasion de faire la fête gratos et de se bourrer la gueule. C’est un festival où j’ai été 2 ans de suite, et je me suis promis de ne plus y aller car ça devient le lieu de rencontre de tous les débauchés ou les frimeurs qui veulent se donner un genre, alors pas pour moi (on ne voit rien car les gens n’arrêtent pas de faire les 100 pas devant vous, on vous pousse, on vous écrase les orteils et zut, j’y retourne plus en période de festival, ça c’est sûr).

Windsurf

 

Connue pour son climat humide et ses rafales de vent, la station balnéaire est l'attraction priviligiée des surfeurs de tout genre et toute catégorie. La ville abrite annuellement des concours internationaux et abrite des écoles de surf de plus en plus nombreuses depuis quelques années.

Une affluence accrue d'Allemands, Français mais aussi d'autres nationalités qui viennent spécialement pour affronter le vent sur leur planches.

Sidi Kaouki petit village côtier sur la route d'Agadir, connait une grande affluence car bénéficie de rafales de vent très puissante dans la région.


Enfin, la ville d'Essaouira est considérée comme une ville spirituelle par excellence mais aussi un lieu de pèlerinage des juifs marocains qui y visitent tous les ans des endroits cultes (entre autre le tombeau d’un saint: Sidi Magdoul, situé dans la région).

Ben je pense avoir fait le tout de la question.
A bientôt pour un nouveau voyage peut être.

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